Regards philosophiques (142)

Publié le par G-L. P. / J. C.


Thème :

« Le droit de révolte a-t-il un sens ? »

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Débat (suite) :

► Le poème de Florence.
(Rondeau)

Motivé !

Des mots d’ordre frappés, sur le pavé
Sans hésitations, je suis motivé
La révolte en marche, sur ordonnance
Au macaron de mon appartenance
Mon droit au tintamarre est approuvé
Et c’est le patron qui va en baver !

Mes rêves de révolte sont délavés
Dissout la sédition dans la convenance
Des mots d’ordre

Désordre organisé, manif autorisée
Je marche de côté, les genoux entravés
Je suis élu, soldat, tyran en alternance
Car j’écris l’histoire en conscience et sans nuances
Les droits de l’homme s’endorment dans le marbre gravé
Des mots d’ordre

► Le droit de révolte a un sens, soit ! Mais, qui accorde ce droit ? Pendant la Commune de Paris, on pouvait à tout moment révoquer un élu qui ne donnait pas satisfaction. Que des dirigeants donnent le droit de révolte, là, j’attends de voir !

► Ce droit est dans la conscience. S’il n’y a pas de conscience, il n’y pas d’exercice de ce droit. Dans le film « Douze hommes en colère » (1957) [tiré d’une pièce de théâtre de 1953], on voit une révolte sociale, révolte contre le racisme aux USA. La révolution peut s’avérer être comme la grippe, contagieuse.

De même, dans un film tout récent « Le majordome », il y a une révolte individuelle contre l’élitisme, un homme se révolte contre sa servitude, et, petit à petit, grâce à son fils, il va prendre conscience de sa situation de soumission ; le sens de sa révolte sera de redevenir un homme libre, libre de pensée, libre de parole…

► Le droit de révolte, c’est plus que le simple droit de changer d’avis. Parfois, la société change énormément et on se retrouve devant quelque chose qui ne nous convient pas.

► Un groupe musical, HK & Les Saltimbanks, a écrit un très beau texte pour une chanson en l’honneur de Stéphane Hessel :

Indignez-vous !

Je me suis levé un matin
Sombre jour de l’existence
J’ai levé la voix et le poing
Quand la règle était le silence

J’en ai vu monter dans les trains
Partir dans un brouillard immense.
Je ne pouvais être ni complice, ni témoin
Je suis rentré en résistance

Une voie pavée d’espérance
Peuplée de femmes et d’hommes debout,
Un choix, comme une évidence
Entre potence et corde au cou
Je suis revenu de si loin
Je rends grâce à mon étoile,
La mort m’a oublié en chemin
À Dora et à Buchenwald

Quatre-vingt-treize ans je peux croire
Que ma fin n’est pas très loin.
Quatre-vingt-treize ans voici ma mémoire,
Prenez-en le plus grand soin
L’indignation obstinément
Dans un monde au garde à vous
Soyez de ceux qui marchent contre le vent
Mes amis, indignez-vous!

C’est un vieux monsieur qui vous parle
Brandissant son étoile, entendez-vous?
Pensez-vous donc qu’aujourd’hui
Les motifs de soulèvement vous manquent
Quand nos propres vies sont à crédit
Sous la dictature des banques ?
L’argent commande aux actionnaires.
Eux-mêmes commandent aux présidents
Qui ordonnent aux gens ordinaires
D’exécuter bien gentiment.
[…]
Voilà le monde qui est le nôtre
Absurde, cruel et sans pitié
Jusqu’à ce que frappe à notre porte
Ce maudit seuil de pauvreté
Les droits de l’homme mis en jachère
Vendus en portions individuelles
Quand la crise alimentaire
S’éternise devant l’éternel.
Mais, miracle quand des milliards
Sont trouvés dans la seconde
Pour sauver Maître dollar
Et tous les banquiers de ce monde
Indignez-vous ! Indignez-vous ! Indignez-vous !
C’est un vieux monsieur qui vous parle
Brandissant son étoile, entendez-vous ?
Nos chaînes sont certes moins visibles
Qu’au sombre temps de l’esclavage.
Mais nos esprits sont pris pour cible,
Qu’ont-ils fait de notre héritage ?
Compétition à outrance
Amnésie généralisée
Produits de consommation de masse
Pour une jeunesse anesthésiée
Il est grand temps, mes amis
De rallumer enfin les étoiles
Qui ont guidé toute sa vie
Ce vieux monsieur qui vous parle
J’ai été cet Arménien,
Je suis toujours ce juif allemand,
Je suis le peuple palestinien,
La justice est mon seul camp
Soyez citoyens sans frontière
De ces peuples qui se soulèvent
Contaminez la terre entière
De vos révoltes et de vos rêves

Indignez-vous,  c’est votre droit
Et en mémoire de tous ceux-là
Qui meurent encore de pas l’avoir
Ce droit est de fait un devoir
Indignez-vous ! Indignez-vous !
C’est un vieux monsieur qui vous parle
Brandissant son étoile, entendez-vous ?

Le clip de cette chanson  peut être visualisé sur : http://www.youtube.com/watch?v=YY2Sz2lwHjA

(A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.

 

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Publié dans culturels

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