Regards philosophiques (146)

Publié le par G-L. / J. C.

Thème :

« Internet, un univers postmoderne ? »

3

Débat  :

► Je me demande comment vous utilisez l’outil Internet ? Quand je suis devant mon ordinateur, je suis aussi agressée par les publicités, mais je finis par ne plus les voir. Mais la publicité n’est pas spécifique à Internet ; vous avez la même chose dans votre boite aux lettres ou même sur votre téléphone. Cela veut dire que vous pouvez être victimes d’escrocs avec tous les moyens de communication. Internet, c’est bien ! On peut communiquer avec le monde entier, mais c’est aussi une façon facile d’augmenter les profits. Cela pose aussi la question de la nature du service public. Si vous essayer de joindre une administration, souvent  on vous envoie sur un site Web. Je ne diaboliserai pas Internet, mais  la question que je me pose quant à Internet, c’est que tout le savoir est censé être accessible dans un outil qui recense des sommes de connaissances extraordinaires. Premièrement, elles sont parfois un peu dispersées. Deuxièmement, il y a de l’inexactitude ; quelquefois, on a affaire à des sites un peu fantaisistes. Ce que je constate aussi c’est que ce que nous avons trouvé ou travaillé sur Internet se mémorise moins bien pour une personne par rapport à un travail sur documents, sur papier et écrit par soi-même. Par contre, ce que je trouve bien, c’est qu’on peut y tester ses propres connaissances ; quand on a un doute sur quelque chose, quelque chose qui nous préoccupe, on va vérifier sur Internet. Mais, à Internet comme moyen de connaissance, je préfère un bon bouquin.

► «  La vie de l’homme dépend de sa volonté. Sans volonté, elle serait abandonnée au hasard » (Confucius). Cette citation prend toute sa valeur dans notre débat et je dirai, en reprenant le titre d’un tableau de Goya, que « le sommeil de la raison, engendre des monstres » ; il doit y en avoir pas mal des monstres qui ont des connaissances, des montres qui ont des pratiques, qui ont des possibilités et qui s’amusent sans penser si c’est humain ou pas.

► J’ai noté qu’il y avait deux milliards d’utilisateurs d’Internet en 2012. Sur sept milliards d’individus, on n’est pas dans l’universel. Il y a une tendance à accentuer la fracture numérique, entre ceux qui ont accès à Internet et ceux qui ne l’ont pas, parce que finalement, on assiste à une dérive où tout doit passer par Internet ; que ce soit pour un contrat EDF, le gaz, les impôts, n’importe quelle administration, on va vous demander de remplir le formulaire sur Internet. La question de la fracture numérique se pose pour ceux qui n’ont pas accès à Internet et qui sont plus nombreux qu’on ne le croit. Cela pose aussi la question des économies qui détruisent des emplois.

► J’en suis à ma deuxième première année de début de cours informatique. Quand j’écoute mes enfants, qui sont dans l’informatique, je suis à la limite de les comprendre ; j’ai parfois l’impression d’entendre une langue étrangère. On m’a offert un ordinateur ; cela ne m’intéresse pas. En vous écoutant, je me demande si on va avoir à un moment un mouvement type  post-soixante-huitard ? Pas pour aller élever des chèvres dans le Larzac, mais un mouvement refusant Internet. Parce que j’ai voulu faire ma maligne ! J’ai voulu faire ma déclaration d’impôts en ligne, je n’ai pas su ! J’ai été pénalisée ! Maintenant, c’est fini ! Si vous connaissez une association de récalcitrants à Internet, j’adhère. Ce truc là, Internet, cela me pourrit l’existence, cela me met en conflit avec mes enfants, cela me ridiculise auprès d’un tas de gens.

► Revenant à la question, est-ce que nous serons dépassés par l’outil, par Internet, ou est-ce qu’on va maîtriser et passer à autre chose ? A travers Internet, et d’une façon générale le numérique, il y a la question de l’immédiateté dans laquelle on est tombé. Je pense effectivement aux sondages en ligne ; j’ai lu qu’un homme politique, au lendemain d’un sondage, avait changé d’opinion. Lorsque sont arrivées les vacances, la professeure de collège de mes enfants leur a demandé de fermer un peu les écrans pendant ces congés et « d’ouvrir un peu plus l’écran de leur imagination », en ajoutant : « Vous allez voir des choses beaucoup plus belles. » Elle prévenait aussi les parents quant à cette immédiateté qui fait que les enfants sont incapables de se concentrer pour faire leurs devoirs. Il faudrait que les réponses à leurs questions arrivent immédiatement. Est-ce que ce « temps » qu’on nous impose sur Internet, on va en revenir un jour, en nous disant qu’il est néfaste aux rapports humains.

► J’ai entendu dire que des sites où l’on peut trouver des informations, par exemple sur la vie et l’œuvre d’un auteur, les recherches, ont été faits par des étudiants. Cela pose le problème de la fiabilité de ces contenus.

► Poème d’Hervé (acrostiche) :                            
L’ECHANGE - Internet –

International, ce réseau fait naviguer.
Non pas sur les océans, mais au-dessus.
Tempêtes ou non, on peut communiquer,
Espionner, car il y a des intrus.
Regard sur le monde, sur le Net, on peut diffuser,
Négocier, commercer, interroger, gare aux abus.
En étant brouillé par un virus, il faut reconfigurer.
Travailler sans cet outil est maintenant exclu.

 

(A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.

 

Publicité

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article