Roman : La rivière savait… (31)

Publié le par M. P.

(Suite)

Besoin de toi

J’ai besoin que tes bras, ton souffle et ta chaleur

Me comblent de tendresse en remplissant mon cœur

De cette nourriture affective et morale

Nécessaire à ma vie bien souvent mise à mal.

 

J’ai besoin de sentir ta peau contre ma peau

Touchée par le plaisir de la douceur des mots

Et ton regard sur moi stimulant la pensée

Que nous sommes unis contre vents et marées.

 

J’ai besoin de ta voix qui referme mes plaies

En chassant les démons de mon ciel tourmenté

Je rends grâce à l’Amour, plénitude sacrée

Luxe de tous les temps, ivresse invétérée.

 

La femme émancipée est-elle libérée

Privée de ce partage d’émotions azurées ?

C’est le regard que l’Homme a posé sur nos êtres

Qui a fait que la Femme un beau jour s’est vue naître.

 

Un mois avait passé et Pierre, toujours très occupé par son travail, écrivait peu.

En cette fin juillet, Laurent avait contacté une entreprise afin de rénover le toit de la grange fortement endommagé par les intempéries. Pablo Benunez s’apprêtait à monter à l’échelle lorsque je sortis dans la cour en direction du poulailler.

« - Bonjour Mademoiselle! » me lança t-il .

« - Bonjour ! » avait claironné une autre voix du haut du toit.

« - Bonjour ! » avais-je rétorqué quelque peu surprise, levant les yeux vers cet inconnu au sourire étincelant. « - C’est mon fils Bénédicto ! » avait ajouté le charpentier.

Béni, c’était son surnom, était beau comme un Dieu ! Son regard profond me troublait tout autant que son sourire, son teint basané accentuant la blancheur de ses dents. Il était aussi grand que Pierre mais plus costaud. Ses cheveux brillaient au soleil. Ses belles boucles brunes tombaient sur son front, lui donnant un air enfantin. Il avait 27 ans mais paraissait plus jeune que son âge. Tributaires du mauvais temps, les charpentiers avaient dû prolonger les travaux d’une semaine. En ce début d’août, le village était en fête durant 4 jours. Pierre devait rentrer pour les vacances. Si bien que, lorsque Béni me demanda, le samedi suivant, en quittant le chantier : «- Viendrez-vous au bal ce soir ? »

Je m’entendis répondre : « - Mon cousin devrait m’y accompagner ! »

J’avais rougi. Élise s’en était aperçu. Elle m’avait dit alors :

« - Écoute toujours ce que ton cœur te dit et va où le vent te mène ! »

(A suivre)

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Publié dans culturels

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