Une vie au service des autres (3)

Publié le par Hommage d'amis

3 (SUITE) 

 

Lorsque le Père Blanc avait besoin de parler ou de conseil, il retournait à Rangoon voir son Évêque. Mais cela était fort rare, il avait trop de travail à accomplir auprès de « ses » villageois et à remettre son église en état. Lorsqu'il a commencé à être accepté par la population, Père Jean rendait beaucoup de services, tant en médecine qu'il ramenait de Rangoon et autres nécessités, de conseils aux mamans, etc...

Dans la vallée, une congrégation de religieuse s'était installée. C'était à des kilomètres de son lieu de prêtrise. Là aussi, il pouvait se ravitailler, mais comme il y allait à pied, il revenait toujours chargé comme un mulet (médicaments ou autres.....). Cela lui prenait plusieurs jours de marche, mais le temps, il en avait....

Père Jean mit plusieurs années pour réparer son église : refaire l'Autel, la porte, l'entourage de l'église, etc... Ensuite, lorsque les travaux furent achevés, il entreprit de construire une Grotte comme à Lourdes avec la Sainte Vierge et un Autel, malgré le manque de moyens qu'il avait. Cette Grotte, il l'a construisit avec des pierres et tout ce qu'il trouvât comme matériaux pour la construction. Il se fit aider par des jeunes des villages et ainsi réussit à mener à bien son ouvrage. Il en était très fier. Il aimait rappeler que c'est auprès de son Évêque qu'il allait quémander un peu de moyens. Mais peu, c'était peu. Il fallait qu'il se débrouille par ses propres moyens. Son Évêque était important en tant que relation humaine. Cela lui faisait du bien de parler de la France, de la culture, de bien des sujets qu'il ne  pouvait pas aborder dans son village, uniquement par les livres. Père Jean lisait beaucoup et avait une intelligence, comme on dit, au-dessus de la moyenne. C'était quelqu'un de très cultivé et il le montra jusqu'à la fin de ses jours.  

En France, dans sa ville, sa marraine faisait dire des messes à son intention et collectait de l'argent afin qu'il puisse améliorer son église et ses paroissiens.

Père Jean est revenu en France en 1959, pour une période de deux mois afin de visiter sa famille et collecter lui aussi des dons pour sa paroisse. 

Sa marraine lui offrit une grande et belle Sainte Vierge pour la placer dans sa Grotte en Birmanie.

Revenu dans sa ville, il rencontra plusieurs prêtres avec lesquels il avait fait ses études au grand séminaire, leur disant son souci de trouver de l'argent pour continuer son travail et essayer d'acheter un véhicule (si possible une jeep)  vu les routes et chemins à parcourir dans sa paroisse. Une paroisse grande comme le département du Gers ! Comme il aimait tant à le dire. Un des prêtres – curé d'une paroisse assez importante – lui dit « de l'argent je n'en ai point, mais si tu veux, viens dans ma paroisse et nous annoncerons quelques jours avant ton désir de faire une conférence sur la mission en Birmanie.

Chose dite et chose faite ! L'église pleine, Jean ayant bien préparé son sujet, avec sa foi et convaincant, avec sa voix de stentor sut tenir en haleine ses auditeurs et …. ramassa beaucoup de dons. Ce qui lui permit  d'accumuler un joli pécule et de faire l'achat d'une Jeep, d'un fusil de chasse, de médicaments et de ce dont il pouvait ramener et qui était indispensable là-bas. Tout cela fut embarqué en bateau et cela fut une épopée de ramener le tout à Rangoon, puis à son village. Il ne faut pas oublier que la police militaire était partout et comme les armes sont interdites, cela a été un vrai cache-cache pour passer le fusil.

Il avait été démonté et passé par trois voies différentes. Cela lui était indispensable dans son village. Cela montre bien la détermination du Père Jean lorsqu'il a décidé quelque chose. Les montagnes n'étaient pas très sûres, mais il avait conquis le cœur des villageois et était très apprécié pour tout ce qu'il faisait pour eux. Même si, parfois il n'avait pas toujours conscience de ce qu'il leur apportait.

Son retour en Birmanie fut plus agréable à vivre grâce à sa Jeep qui lui rendait de nombreux services et le coupait moins de ses paroissiens et de la congrégation religieuse où il allait plus souvent se ravitailler en médicaments.

 

(A SUIVRE)

 

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