Regards philosophiques (159)

Publié le par G-L. P. / J. C.

Thème :

« Proverbes et dictons :

une philosophie populaire? »

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Introduction :

Les proverbes et dictons sont-ils d’essence philosophique ? Ou sont-ils des recettes à quatre sous, voire à deux balles, pour éviter de trop réfléchir ?

« En avril ne te découvre pas d’un fil. » - «  Une hirondelle ne fait pas le printemps. » - « Tout ce qui brille n’est pas or. » - « L’habit ne fait pas le moine. » : Pris au sens strict, ces quatre dictons tombent en couperet, comme des sentences, et mettent fin à tout discours.

Cependant, au-delà de leur simplicité rustique, ils posent un problème de logique, ou plutôt « d’illogique », qui impose une réflexion. En particulier, si l’apparence d’une chose n’est pas systématiquement le reflet de son essence, alors quoi de la chose elle-même ?

Et là, on est à la fois, en science, en psychologie et en philosophie.

L’observation des choses, qui part du premier pourquoi, du premier « animal pensant », de la nuit des temps, se trouve résumé ici dans nos quatre dictons.

D’erreurs en erreurs, c'est-à-dire d’observations premières en observations hâtives, notre ancêtre « animal pensant » a dû lire, contraint et forcé, au-delà de l’apparence des choses et a dû voir au-delà du visible.

Ainsi a-t-il fallu un jour comprendre que le « plat » de la terre trompait sur sa rondeur et que la course du soleil dans le ciel n’était autre que la course de la Terre autour du soleil.

La question est donc posée : Les dictons et proverbes invitent-ils à la pensée ou ferment-ils la porte aux discussions ? Pour tenter de répondre, prenons un autre exemple : « La raison du plus fort est toujours la meilleure. » Cette morale, issue d’une fable de La Fontaine, impose-t-elle qu’on doive se résigner à un état qui doit durer ? Ou constate-elle un non-sens puissant dont l’injustice suffit à vouloir qu’il ne dure pas ?

Il se pourrait que les deux réponses soient correctes. En effet, l’hostilité que portait louis XIV à La Fontaine, indique que le fabuliste a autant contribué aux Lumières et à la Révolution en désignant les injustices, qu’il a contribué à rassurer les gens en les maintenant dans la résignation.

Ainsi est-il plus confortable de ne rien faire contre les puissants, si l’on considère que leur raison est la meilleure, que si l’on considère l’inverse.

A vous donc, d’éclairer la nature des dictons, de nous dire leur essence philosophique ou leur fatalisme.

(A SUIVRE)

Extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.

 

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Publié dans culturels

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