Roman : La mystérieuse robe blanche (37)
Tédéric pencha sa tête légèrement sur le côté. Il pensa que, quelques minutes auparavant, sa mère aussi avait tenu puis lâché cette même main et comme il était bon de sentir la présence de sa femme à ses côtés !
Elle venait remplir le vide, goutte à goutte, seconde après seconde.
Elle prenait le relais de ce lien sacré.
- Elle n’a pas souffert, elle est partie sereine !
Chuchota t-il.
- On le voit sur son visage. Elle semble apaisée !
Répondit-elle affectueusement.
Peu à peu, il semblait que Tédéric revenait à la vie, et lui aussi, malgré tout, sentait comme un apaisement.
Il avait bien souvent pensé à ce moment fatidique, où la vie emporterait sa mère vers un ailleurs.
Il avait appréhendé ce moment !
L’image maléfique de la mort de son père qui l’obsédait sans cesse, n’était pas pour le réconforter.
Là, c’était différent !
C’était presque un soulagement, ajouté à la présence chaleureuse d’Elsa et au bonheur que leur enfant apportait à leur foyer.
Quel bonheur, en effet, de perpétuer la vie et de pouvoir s’abandonner, se remplissant de l’entière présence de l’autre.
Perpétuer la vie, en perpétuant l’amour !
Cet amour, que sa mère lui avait témoigné toute sa vie durant et jusqu’à son dernier souffle !
Ce bien aussi précieux pour soi que pour l’humanité toute entière !
Il voyait trop de gens souffrir autour de lui, envahis par la haine, la rancune, la jalousie, l’orgueil …
Tous ces sentiments miséreux qui polluent la vie des uns et des autres !
Ainsi, il remerciait sa mère pour cet héritage.
Cette richesse que l’on appelle, l’intelligence du coeur.
Il repensait à ses dernières paroles :
Sache combien je t’ai aimé !
- Elle t’a écrit ? Demanda Elsa, en montrant la lettre que Tédéric tenait toujours dans son autre main.
Il lui tendit.
- Lis, relis-là moi, s’il te plaît !
A mon cher et tendre fils,
Lorsque tu liras ceci, je ne serai presque plus de ce monde.
Tu sauras alors que le messager de la mystérieuse robe blanche, c’était moi ...
- Je n’y crois pas ! Alors, c’était elle ?