Regards philosophiques (197)
Thème :
« Les guerres sont-elles inévitables ? »
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► La démocratie dans la guerre, cela ne tient pas. Quand, dans un démocratie, un soldat refuse la guerre, il est puni. Un militaire (en retraite après quinze ans d’armée) disait : « Tant qu’il aura des fabricants d’armes, il faudra bien écouler ces armes. » Si vous voulez vous enrichir, prenez des actions dans une entreprise qui fabrique des armes, ce sont des stocks qui tournent vite.
Dans tous les derniers conflits, les armes, les munitions, proviennent des mêmes fournisseurs. En conclusion, tant qu’il y aura des usines d’armement, il y aura des guerres.
► Je pense aux guerres d’honneurs, les vendettas d’un pays contre un pays, d’une famille contre une autre famille. Quand les Corses vont-ils se débarrasser de cela ? C’est la vengeance qui se perpétue.
► J’ai bien entendu qu’il fallait faire un distinguo entre violence et guerre, en partant du principe que la guerre était une institutionnalisation de la violence sociale. Parce que pour institutionnaliser quelque chose, il faut l’institutionnaliser dans les esprits et, pour cela, il faut manipuler les esprits.
Avec la question « Comment éviter les guerres ? », on peut ajouter : « Comment éviter qu’on puisse nous faire croire que les guerres sont inévitables ? » Parce qu’on subit continuellement un lavage de cerveau. On a institutionnalisé une propagande. Edward Bernays a écrit un ouvrage sur ce sujet en 1928 : Propaganda ; il a combiné les travaux sur la psychologie des foules et la psychanalyse de Freud (dont il est le neveu, par ailleurs). Il va travailler sur : comment manipuler les esprits. Ses écrits seront utilisés par des firmes pour augmenter leurs ventes.
On ne cesse de nous manipuler, on nous ment. Ce fut le mensonge des armes chimiques de Saddam Hussein. On arrive souvent à nous faire croire, à cause de la haine de l’autre, à cause des débordements de la religion, que les conflits sont inévitables.
Or, il est dit dans l’acte constitutif de l’UNESCO que « les guerres prennent naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix. » C’est une question d’éducation.
Alors, comment lutter contre cette propagande de l’inévitable, comme le chômage, le trou de la Sécu, etc. ? On finit par la croire. C’est le subterfuge de la permanence des idées.
► On passe beaucoup de temps en ce moment à analyser les causes de la Guerre de 1914-1918, avec tous ses enchaînements, et comment les volontés de paix n’ont rien pu faire.
Alors, est-ce qu’on peut vraiment éviter les guerres par la volonté de paix ? La plupart du temps, les manifestations n’ont rien fait en ce sens (sauf peut-être pour le Vietnam). Les guerres modernes ont impliqué des civils alors que les guerres anciennes étaient faites par des soldats de métier.
Voici un texte de Nicolas Machiavel tiré de L’art de la guerre : « Les rois jaloux de leur sécurité doivent donc composer leur infanterie d’hommes qui, au moment de la guerre, se consacrent volontiers, par amour pour eux, au service des armées. Mais qui, à la paix, s’en retournent plus volontiers encore dans leurs foyers. Il faut, pour cet effet, qu’ils emploient des hommes qui puissent vivre d’un autre métier que celui des armes. Un roi doit vouloir qu’à la fin de la guerre ses grands vassaux s’en retournent gouverner leurs sujets, ses gentilshommes cultiver leurs terres, son infanterie exercer ses diverses professions, et que chacun d’eux enfin fasse volontiers la guerre pour avoir la paix et ne cherchât pas à troubler la paix, pour avoir la guerre. »
► Ce qui reste très difficile, c’est comment créer une volonté de paix, face à une volonté de guerre.
(A SUIVRE)
Extraits de restitution d'un débat du café-philo
Avec nos remerciements.