Roman : "Au cœur de la tempête" (7)

Publié le par M. P.

Roman :
             

Au cœur de la tempête
                                         

                                            Martine POUTOU

7

Ils n’auraient raté pour rien au monde ce merveilleux moment en tête à tête, ce moment de pause que Rémi prétendait être le meilleur moment de la journée.
Là, il la questionnait, voulant tout savoir sur elle.
Si tout allait bien, si le temps ne lui avait pas paru trop long, si la solitude ne lui pesait pas trop, si elle n’avait pas peur de rester seule, si elle ne s’était pas trop ennuyée, si elle avait assez mangé …
Mais il ne saurait rien. Il ne saurait pas son malaise, il ne saurait pas le manque, ne saurait rien de sa douleur.
Seuls, les bons moments ressortiraient car elle savait trop combien sa joie lui était contagieuse.
Ils avaient toujours été très proches et très fidèlement complices. Mais là, c’était devenu différent.
Les soucis de ces derniers temps avaient si fortement resserrés les liens entre eux, que, paradoxalement, elle lui évitait tout rapport négatif la concernant.
Le courrier du jour ne semblait pas l’avoir affecté outre mesure. Par contre, il lui sembla que la visite de l’assistante sociale l’avait légèrement émoustillé.
Elle le voyait tourner en rond, guettant impatiemment son arrivée, regardant l’heure toutes les deux minutes, guettant le portail dans l’espoir qu’elle arrive.
Elle était venue Claire, laissant  ses sourires flotter de-ci, de-là dans la maison. Après son départ, ils flottaient encore partout où elle était passée.
Elle était revenue souvent depuis, illuminant nos jours de sa grâce, tant et si bien que Rémi ne put plus s’en passer.
Elle était venue encore. Puis, elle était restée.
Toujours très élégante, Candice admirait sa façon de se déplacer, perchée sur ses talons aiguilles.
Ses longs cheveux bouclés, d’un blond vénitien, tombaient en cascade le long de son dos.
Non seulement Candice la trouvait belle physiquement, mais aussi, ses petites attentions envers eux la rendaient encore plus attachante.
Très vite, elle avait créé des liens de confiance par sa présence qui remplissait peu à peu le vide de leurs vies.
Les vacances avaient vite passé et l’An 2000 les propulsait vers une ère nouvelle où l’avenir frappait déjà à la porte sans que l’on sache réellement de quoi demain serait fait.
L’année scolaire s’achevait presque et en septembre, elle irait au lycée.
Elle prendrait le bus, mangerait à la cantine et Claire et Rémi seraient toujours là pour veiller sur elle.
Presque un an déjà s’était écoulé depuis l’accident.
Le manque était toujours là mais la tristesse diminuait au fil du temps.
Candice savait qu’elle pourrait toujours compter sur son frère et sa compagne.
Elle était bercée par leur amour qui lui insufflait une sorte de tranquillité d’esprit.
Une seule chose pouvait l’effrayer au point d’y perdre tout son latin, se retrouvant à chaque fois tétanisée.


 

(A SUIVRE)
 

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Publié dans culturels

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