Roman : "Au cœur de la tempête" (15)
cœur
Par la suite, elle avait dévoré ce repas succulent.
Elle avait dévoré des yeux cet inconnu, buvant ses paroles.
La folie de cette rencontre lui avait tourné la tête. Elle écoutait cette voix grave lui chuchoter des mots doux et charmeurs à l’oreille. Mots doux qu’il ne cessait de chanter, reprenant son refrain envoûtant.
Il dut se douter qu’elle avait mordu à l’hameçon. Cependant, elle devait rentrer tôt car le lendemain elle reprenait son service de très bonne heure.
Ils s’étaient quittés, se souhaitant une excellente nuit.
Elle avait eu du mal à trouver le sommeil.
La nuit bien que courte, l’avait emportée dans ses rêves les plus fous.
Le temps s’annonçait doux malgré la saison.
Le ciel de l’aube était constellé de petites étoiles.
Il y en avait une plus grosse et plus lumineuse que les autres et elle en fut toute retournée.
- Ma bonne étoile ! Avait-il dit.
A la sortie de son travail, il l’attendait
Elle fut agréablement surprise.
C’était merveilleux de sentir sa présence.
De se savoir ainsi adulée par quelqu’un pour qui vous comptez vraiment, n’est-ce pas formidable ?
Elle se laissa envahir par l’extase, cela lui donnant le frisson.
Lâcher prise ! Elle avait l’impression de perdre le contrôle de tout lorsqu’elle se retrouvait en sa présence.
Ils allèrent boire un verre dans un café.
Ils avaient échangé leurs vies, elle lui parlant de Rémi, de Claire, du bébé qui serait bientôt parmi eux, lui, n’avait pas connu son père. Ce dernier avait quitté sa mère alors qu’elle était enceinte de huit mois. Parti vivre à l’étranger, elle avait perdu la trace de cet homme.
Puis, elle avait refait sa vie et vivait, depuis, en Alsace.
Deux enfants étaient nés de cette union, un garçon et une fille.
Joël les connaissait peu. Il ne s’entendait pas avec son beau-père et avait souhaité vivre chez ses grands-parents.
Monsieur et madame Valeau, à ce jour décédés, avaient légué une grande partie de leur fortune à cet enfant prodige auquel ils s’étaient attachés, ce qui avait permis à Joël l’achat de son appartement, provoquant par contre une rupture définitive avec sa mère.
Il n’aimait pas évoquer son enfance difficile et le faisait avec beaucoup de réserve.
On pouvait lire les stigmates des souffrances passées au travers de son regard lointain et mystérieux qu’il ne dissimulait plus derrière ses lunettes noires.
Cette fragilité le rendait touchant.
Ils s’étaient revus l’après-midi de Noël. Ils étaient allés au cinéma. Joël avait souhaité voir un film de James Bond.
Puis, ils avaient dîné dans un restaurant près de l’hôpital, Candice reprenant son service à 22 heures.
Cette fois, c’est elle qui l’avait invité.
(A SUIVRE)