Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (30)

Publié le par M. P.

Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
                                                        
                                                       Martine POUTOU
 
30
Début 2015
En ce début d’année, nous avions revu nos chers amis.
Elsa allait avoir 55 ans et son mari 60.
A cette occasion, ils nous avaient conviés à leur table, pour un déjeuner en compagnie de leur fils qui fêterait bientôt ses 19 ans. Dorian, leur neveu, ainsi que son épouse, Candice, étaient de la fête. Ils attendaient un bébé pour le mois de juillet. D’après ce qu’en disait l’échographie, ce serait un garçon. Depuis peu, ils vivaient à Lourdes, dans la maison familiale des Lavandier, les parents d’Elsa, qui étaient, à ce jour, décédés. Ainsi, nous avions l’impression de les avoir un peu remplacés lors de cette traversée du désert où Elsa avait fait montre d’un courage exemplaire face à la maladie. Elle était, à chaque fois, reconnaissante envers nous, heureux de bavarder ainsi entre amis.
Nous aimions provoquer ces rencontres et les liens qui nous unissaient désormais, réchauffaient nos cœurs à chacune de ces occasions.
Nous avions évoqué tant de souvenirs, ceux concernant nos amis communs, Léon et Pauline Thieulet, décédés à presque un an d’intervalles. D’abord Pauline, partie très vite des suites d’un cancer généralisé, suivi de Léon, mort d’un infarctus.

 

       Le grand chêne raconte
 
Sur son vieux banc de pierre, à l’ombre des grands chênes
Il est venu s’asseoir, l’air triste et l’âme en peine
Au déclin de ses jours les forces lui manquaient
Et sa peau de chagrin perdait tous ses attraits.
 
Il attend  patiemment d’un air mélancolique
Que vienne le chercher le bateau fatidique
Conscient que d’ici peu l’emportant vers l’ailleurs
Il ira retrouver sa compagne de cœur.
 
Le sillon de sa vie honnête et généreuse
Semble toucher la fin d’une existence heureuse
Faite de durs labeurs et de si  bons moments
Qu’il aimait raconter lors des veillées d’antan.
 
La mésange fredonne tous ses printemps d’alors
Il sait qu’il n’y a rien à faire contre le sort
Il se dit « je ne suis qu’un chiffon de papier
Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait ! »
 
Sur son vieux banc de pierre, à l’ombre des grands chênes
Assis près de son chien, l’air triste et l’âme en peine
Il a fermé les yeux, susurrant « je m’en vais »…
Les anges ont pris son âme pour qu’elle repose en paix.

                                

(A SUIVRE)
Publicité

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article