Roman : "Demain, fera-t-il beau ?" (48)
Roman :
"Demain, fera-t-il beau ?"
Martine POUTOU
48
Ma vie s’écoule lentement…
L’été 2015 va bientôt fêter les vendanges.
Ambre reprendra alors ses études pour lesquelles elle se passionne.
Les jours déclinent doucement vers l’automne de ma vie.
Avant que la vieillesse ne vienne prendre mes rires, mes forces et ma mémoire, j’ai voulu vous conter ma vie.
Ambre, mon amour, ma petite, je te confie mon histoire que tu portes déjà au plus profond de ton être, car, elle a fait de toi ce que tu es en partie devenue.
Lors de nos rencontres, j’aime t’entendre dire ;
Mama, raconte-moi !
A ce moment, tu prends ta plume, tu notes, tu enregistres, tu retiens l’essentiel, ce qui te touche, ce qui t’émeut …
Tu profites, dis-tu, de ces instants de lucidité où je suis bien présente, car parfois, ma mémoire défaillante me fait défaut.
Comment dis-tu déjà ?
« Le disque dur n’imprègne plus les nouvelles données ! »
Mais, s’il s’agit de remonter le temps, évoquant le passé, mes souvenirs refont surface comme si c’était hier.
De tes notes, tu dis en faire un écrit.
Donc, je te confie ma vie et toi, tu te charges d’en relater les faits au plus juste.
Je te dédie mes poèmes.
Prends bien soin de les ranger dans mon livre d’or que je te dédicacerai.
A toi, Ambre, ma chérie, je souhaite une vie comblée d’amour et de bonheur.
Comment déjà, s’appelle l’heureux élu, ma belle ?
Yanou, bien sûr !
Ce garçon admirable, dont le bleu des yeux rappelle le ciel d’Andalousie plongé dans cette mer placide qui vient murmurer des airs de flamenco à mon oreille.
Et si ma mémoire s’étiole, n’est-ce pas avant tout, une échappatoire ? Je crois, en effet, que j’allège mes jours lorsqu’il y a trop de peine.
Tu parles de mécanisme de défense.
Lorsque le chagrin est immense et vient à la surface au point de nous submerger, notre entendement évite la lourdeur des jours et s’évade vers un ailleurs plus doux, où l’on plonge, à bras le corps, dans un conte merveilleux.
Papy Pierre est toujours présent à mes côtés.
Ses mains tremblent de froid et ses yeux larmoyants révèlent qu’il a plu.
(A SUIVRE)
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