Retour vers mon enfance (13)

Publié le par B. B.

Ballade à Angoulême 

Je laisse ma voiture à la gare et je remonte doucement vers les halles, un somptueux bâtiment de métal et de verre où se tient un pittoresque marché. Je prends les étroites rues pavées du vieil Angoulême qui me conduisent nonchalamment jusqu'à la cathédrale St Pierre, un magnifique édifice d'art roman blotti derrière les remparts qui dominent la vallée de la Charente. Assise sur les hauts murs, je contemple un superbe panorama. D'anciennes maisons aux murs de pierres calcaires et aux toits de tuiles romanes, s'étagent en gradin jusqu'au fleuve longé par un ancien chemin de halage où des promeneurs flânent. Mes pas me conduisent ensuite vers l'hôtel de ville construit à l'emplacement du château des comtes d'Angoulême. Il ne subsiste plus que l'ancien donjon où est née Marguerite d'Angoulême, sœur de François Ier. Je me repose un instant sur un banc au milieu des parterres où les fleurs se recroquevillent sous la lumière oblique de l'arrière saison. Les rayons du soleil jouent dans les feuillages fauves des haies taillées artistiquement par les jardiniers de la ville. Les géraniums, prisonniers des balconnières, attendent les premières gelées pour décliner. Je poursuis ma promenade vers la rue piétonne bordée de commerces où des petites places et des terrasses de café appellent au repos. Cà et là, des décors de bandes dessinées, dont certains atteignent plusieurs mètres, parent les murs des immeubles. Les plaques de rue ont toutes été refaites sous la forme d'une bulle de BD. Le festival, qui a lieu chaque année fin janvier, attire de nombreux visiteurs.

Je redescends maintenant vers la gare où m'attend ma voiture. Je me retourne une dernière fois. Angoulême, chère à Honoré de Balzac, est vraiment une ville d'art et d'histoire où cohabitent le modernisme des arts graphiques numériques, la BD, la tradition papetière et les monuments.

Je quitte à regret la cité où j'ai vécu trois inoubliables années d'internat au lycée Marguerite de Valois. Avec les copines, le jeudi après midi, nous aimions déambuler dans les rues de la vieille ville et puis nous allions nous asseoir sur les remparts où nous refaisions le monde.


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Publié dans témoignages

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