Aux prochaines embellies
Poème précédent : Toussaint
Aux prochaines embellies
Automne aux tons melliflus
Les ombrelles ne dansent plus
Le jour s’éveille fraichement
La nuit s’étire, prend son temps
Nonchalante
Marche lente
Lento, crescendo
L’écho de l’adagio
Sur les murs
Mûres sauvages
L’âge mur
Au grand dommage
Au grand dam
Du ramdam
Je peine à monter le sentier
De ma peine, houspillée
Du regard torve de l’hiver
Narguant tes moindres courants d’air
Automne zébré
De rouille marbrée
Adieu le bleu du myosotis
Et l’orge ondulant sous la brise
Je ressens un parfum de menthe
Mes pieds-nus dans l’eau frémissante
Au chant radieux de la fauvette
Les écureuils à la sauvette
Ont pris les noisettes des bois
Et moi, et moi, dans mes émois
J’ai perdu ma blanche ombrelle
Et les fleurs leurs belles ombelles
Si les œillets prolifèrent
Dans mon jardin florifère
La sittelle fera son nid
De boue garnie d’un paillis
Aux prochaines embellies
Reverrons-nous les ancolies ?