De la « réforme » des retraites… toujours
En débat, toujours, bien qu’une majorité de l’Assemblée Nationale
se soit, en première lecture, déjà prononcée favorablement sur le texte,
la « réforme » des retraites… « Réforme » ? Terme, à vrai dire, inapproprié !
Peut-on, en effet, estimer que le but est d’apporter vraiment des améliorations ?
Il s’agit, reconnaissent d’ailleurs les responsables politiques porteurs du projet,
de « sauver » (soi disant) le système actuel c’est-à-dire celui par répartition
qui, nous affirme-t-on encore, serait gravement, redoutablement en danger…
Sûr, si toutes choses restent égales par ailleurs… c’est-à-dire sans vouloir,
sérieusement entraver quelque peu l’évolution de la financiarisation du monde.
Certes, gérer c’est essayer d’anticiper et agir en fonction, mais, la nécessité,
même absolue, devrait pour le moins viser à imposer des progrès pour l’homme.
Or, par les dispositions prévues qui réduiront les acquis en vigueur, les pensions,
ne voudrait-on pas, au fond et sans oser encore l’affirmer, faire évoluer ce système,
plus même, le remplacer progressivement par le système par capitalisation
fondamentalement différent puisqu’au principe de solidarité, de mise en commun,
serait substitué, à terme, le principe du chacun pour soi, de mise individuelle ?
Comment, dans cette perspective incompréhensible, injuste, inadmissible,
ne pas comprendre que de plus en plus d’actifs y soient simplement hostiles
et dont la mobilisation des journées d’actions syndicales atteste clairement ?
D’autant que ces dernières années tout un chacun a pu entendre ou lire
que la gestion de tous ces fonds (de pension) fut calamiteuse, irresponsable
et sans nulle assurance, certitude quant aux échéances futures pour les retraités.
Oui, combien de petits épargnants d’outre atlantique se sont retrouvés spoliés,
complètement ruinés par les folies de leurs banques… avec l’argent des autres ?
Oui, quelle confiance accorder à un système financier qui, sans aucune retenue,
continue, mais grâce à l’apport des capitaux publics et la bienveillance des Etats,
(14 mille milliards de par la planète ont été apportés pour renflouer les banques)
à fonctionner en réalité comme avant et la spéculation continuant ?
Oui, malgré l’anesthésie ambiante, beaucoup craignent pour leur retraite,
s’inquiètent pour l’avenir en général… Ici comme ailleurs, d’ailleurs !
Ces derniers jours, à Bruxelles comme en Espagne, les massives protestations
témoignent des fortes inquiétudes du monde du travail face à tous ces plans,
semblables, ces coupes, claires, ces restrictions budgétaires, sociales.