Décrypter - Comprendre - Agir (3/3)
Les conséquences économiques et sociales de ces réformes
Il ne s'agit pas de simples réformes, mais d'une mutation économique et sociale rendant à la monnaie son véritable rôle. D'instrument de prédation qu’elle est devenue depuis 30 ans, elle redeviendrait instrument d’échanges, de partage, de solidarité et de développement.
· Données
fondamentales et de bon sens
- La population est la principale richesse d'un pays. Elle peut toujours être employée utilement, en utilisant la monnaie pour mettre en rapport
ses capacités de travail avec les besoins réels de la société. Le chômage est du pur gaspillage dû au détournement des très grandes possibilités de la monnaie de son véritable rôle,
qu’elle assurait efficacement durant les « 30 glorieuses ». . La monnaie actuelle, reposant sur la caution de l’Etat, peut être créée sans limite. Elle ne devrait
l’être qu’à son profit pour organiser et financer la participation tous ses membres à la production des biens et services dont elle a besoin et à les partager équitablement.
- Une monnaie virtuelle ne peut pas servir de réserve de prévoyance car elle n'a jamais nourri, logé, soigné personne
elle-même.
- L'inflation a été de : - 8% / an sur
le 20ème siècle faisant perdre au Franc 999,5 pour 1000 de sa valeur
- 10% / an
sur
le septennat de V G E faisant perdre au franc 52 % de sa valeur
- Durée d’une inflation faisant perdre moitié de sa valeur à la monnaie 10 ans à 7
% - 7 ans à 10 % - 4
ans à 15%
Jusqu'à 10 %, l'inflation n'est sensible ni sur les salaires qui sont dépensés dans le mois, ni sur les emprunts pour investissement.
Si elle atteint 15 % comme sous Barre, Fabius et Delors elle devient douloureuse et même dangereuse. Il vaut mieux l’éviter.
- un État, ou une zone économique et monétaire, n'a besoin d'emprunter à l'étranger que si ses exportations et ses ventes de
biens internes[1] ne permettent pas de
couvrir ses importations et ses achats de biens à l'extérieur. Pour son économie interne l’Etat doit ne se servir que de la monnaie qu’il emprunte à
ses ressortissant, ou créée par sa banque centrale à son profit. Pourquoi payer aux étrangers des intérêts pour se mettre au travail ?
· Mesures
impliquées par une politique inflationniste : L'inflation étant l'augmentation générale des prix, il convient :
- d'indexer les salaires et les minima sociaux sur la valeur de la monnaie au moins jusqu'au niveau du salaire médian[2].
- il faut une petite épargne indexée de type « livret A » pour assurer à chacun les liquidités nécessaires aux aléas de la vie courante.
·
Effet sur l'endettement de l'État : Une inflation de 10 % ferait baisser, en valeur réelle, la dette publique de 160 Md €
(10% de 1600Md), dont 125 Md € au niveau du budget de l'État le reste relevant des
organismes publics et des collectivités locales.
Le remplacement de nombreuses niches fiscales par des crédits à taux réels négatifs, ne coûtant presque rien à l'État, pourrait lui faire économiser de 40 à 50 Md €. Il est très regrettable que
l'adoration du « veau d'or » nous prive de ces énormes ressources.
· Effet sur l'endettement et les amortissements des entreprises : La charge de leurs dettes à taux fixe, en particuliers celles correspondant aux amortissements de leurs investissements, diminuerait mécaniquement de 10% tous les ans.
·
Effet sur les budgets des ménages : L’indexation automatique des bas revenus, par paliers de 2%, changerait la nature des négociations salariales, de la défense du pouvoir
d’achat devenue inutile, au partage des bénéfices dus à l'amélioration de la productivité.
Moins les ménages sont aisés plus ils ont recours au crédit pour leurs investissements. Leurs mensualités, poste important de leur budget, fondraient de 10 % par an. Par exemple,
en « euros constants », une mensualité de 1000 € ne s’élèverait plus qu’à :
531 € après 5 ans - 314 € après
10 ans - 185 € après 15 ans - 122 € après 20 ans - et 65 € la 25ème
année.
Les mensualités sur un logement, seraient bien moins importantes que des loyers au bout 5 ans, minimes à 10 ans et très faibles à 15ans.
Actuellement, un ménage, qui achète un logement sur 25 ans, risque de ne pas pourvoir assurer d’études satisfaisantes à ses enfants.
Toutes les mesures demandées ci-dessus, résultent de la simple application des théories économiques, expérimentées
avec succès pendant les 30 glorieuses[3]. Ce sont celles de : La monnaie fondante (fin 19ème siècle), de Ford
(salaires), de Beveridge (prestations sociales), et de Keynes ( Le privé est incapable d’assurer des besoins essentiels de la société . L’Etat doit y pourvoir en assurant le plein emploi
par le financement[4] d’activités et
de travaux nécessaires et utiles amortissables par leur production. ).
En matière d’échanges de biens et services :
Il faudrait instaurer un système de montants compensatoires entre zones économiques suffisamment homogènes. Leur produit serait affecté à l'aide au développement des pays les plus défavorisés et aux investissements nécessaires à la conservation de la planète.
La liberté actuelle a permis à la finance internationale de détourner les échanges monétaires de leur
rôle qui est d'assurer les échanges de biens et de services entre les différentes zones économiques et monétaires. Ceux-ci ne représentent plus que 3 ou 4 % des transactions.
L'essentiel des changes , appelé « carry trade » permet à la finance, en faisant voyager la monnaie d'un bout du monde à l'autre en quelques
clics, de prélever d'importantes marges par la spéculation sur les différences de taux et de valeur des monnaies.
La liberté des changes , avec la possibilité de création illimitée de monnaie virtuelle[5], permet de s'approprier gratuitement la richesse des pays les moins avancés en pratiquant les LBO[6]
Le système d'échanges économiques et monétaires actuel, permet aux Américains de vivre au-dessus de leurs moyens en maintenant en servage la main-d’œuvre
asiatique, et aux Chinois de s'approprier à bon compte les ressources de pays peu développé avec l'argent créées sans contrepartie qu'ils reçoivent des Américains ….
Il faut, comme l'aurait voulu Keynes lors des accords de Bretton Woods, mettre en place un système de changes
l’empêchant. Cela pourrait passer par la création d'un étalon monétaire de référence, indexé sur un panier des principales monnaies d'usage. Chaque monnaie aurait alors, par rapport à cet
étalon, une parité fixe révisée périodiquement en fonction des coûts dans son pays d'usage, et surtout de l'état de sa balance commerciale. Cet étalon monétaire pourrait être géré par le
FMI.
FIN
[1] Ce peut être : des terres, des immeubles, des infrastructures, des entreprises…
[2] La BCE et la Commission européenne veulent l’interdire, mais admettent l'indexation des emprunts d'État qui est le plus sûr moyen de les endetter.
[3] Ce qui n’est pas le cas des dogmes du néolibéralisme, qui ne reposent que sur des affirmations, bien souvent mensongères.
[4] Y compris par création monétaire. Si elle est excédentaire, l’inflation la résorbe.
[5] Elle est excellente quand elle reste au service des peuples, mais devient une arme de pillage, sans risque, dans les mains de la finance apatride
[6] LBO : Achat financé par emprunt, remboursé dans le temps par les profits générés par le bien acheté