Les Pipelettes (17)
Claudine : Alors, je viens d’apprendre que tu as postulé pour passer sur M6, dans « l’amour est dans le pré »
Arlette : Oui, j’ai envoyé ma candidature. On ne sait jamais.
Claudine : Mais c’est une émission pour les agriculteurs célibataires.
Arlette : Et alors, je ne suis pas célibataire ?
Claudine : D’accord, mais tu n’es pas agricultrice.
Arlette : Tu n’as rien compris au concept. Il suffit de vivre à la campagne pour postuler.
Claudine : Ah, c’est bizarre, il me semblait qu’il fallait être cultivateur, éleveur ou paysan pour poser sa candidature.
Arlette : Et alors, je cultive pas mon jardin, je n’élève pas mes chats et je ne vis pas dans un petit village, moi ?
Claudine : Si, mais ce n’est pas de l’agriculture. Tu as tout juste 100 m2.
Arlette : Pour moi, 100 m2, c’est de la culture, ne t’en déplaise. Je retourne ma terre, je sème, j’arrose, j’entretiens et je récolte. On ne parle pas de surface exploitée à ce que je sache.
Claudine : Bon, passons sur la taille de ton exploitation. Mais tes chats, ce n’est pas de l’élevage.
Arlette : Mais, tu plaisantes j’espère. Quatre Persans, trois chartreux, deux Siamois, c’est pas de l’élevage ça ?
Claudine : De la folie plutôt.
Arlette : Et quand il faut les nourrir, nettoyer leur litière, les surveiller quand les femelles mettent bas, t’es là toi ?
Claudine : Non, moi, j’ai le sens du ridicule. C’est plutôt une passion délirante ton élevage.
Arlette : Mais moi, j’adore les animaux, n’importe lesquels d’ailleurs, pas toi ?
Claudine : Si, moi aussi je les aime. Mais tu crois vraiment qu’ils vont t’accepter pour l’émission, et si c’est le cas que tu auras des candidats, vu ton profil ?
Arlette : Et pourquoi pas !
Claudine : Je ne sais pas moi. Mais quand ils vont voir ta photo, ils vont avoir peur.
Arlette : Je le savais que tu serais septique. Mais ma pauvre fille, qu’est ce que tu crois, j’ai tout prévu. J’ai fait un montage avec Photoshop, et sur une photo en pied de mon premier bal, il y a 40 ans, j’ai mis le visage d’Adriana KAREMBEU. Avant qu’ils ne découvrent la supercherie, j’aurai le courrier d’une vingtaine d’hommes.
Claudine : Et quand ils vont te voir « pour de vrai », qu’est ce qu’ils vont dire ?
Arlette : Ca, ce n’est pas mon problème. En attendant, des millions de spectateurs sauront que je recherche l’amour et ce n’est pas la mer à boire, si je ne trouve pas un homme qui accepte de m’aimer moi et mon élevage dans mon petit pré.
Claudine : Je crois que tu aurais mieux fait de te présenter pour « Faut pas rêver ».
