Les Pipelettes (26)
Article précédent : Les Pipelettes (25)
Garbure (26)
Arlette : Brrr ! Quel froid aujourd’hui ! Il ne va pas tarder à neiger. Le ciel est tout gris. C’est un temps à manger de la garbure.
Claudine : Tu as raison. Malgré cette météo hivernale, il y a pas mal de monde sur le marché aujourd’hui. Le samedi, aux halles de Lourdes, ça bouge.
Arlette : Regarde, là, à la terrasse du café, on dirait des gens d’Adé.
Claudine : Ce sont ceux du théâtre, il me semble. Ils sont sacrément réchauffés pour s’installer à l’extérieur. Je suis persuadée qu’ils ont ajouté un peu de gnôle dans leur café pour se requinquer… On pourrait se joindre à eux.
Arlette : Plus tard, il faut d’abord acheter tous les légumes pour la garbure.
Claudine : Regarde sur cet étal, il y a des choux.
Arlette : Ils ne sont pas bien gaillards. On va aller chez mon copain Jean-Marie. Il fait que du bio. C’est quand même meilleur.
Claudine : C’est sûr ! Avec tous ces produits chimiques, on n’a plus le goût des bonnes choses.
Arlette : Avec lui, pas de danger ! Il engraisse ses légumes avec le fumier de ses vaches. C’est plus naturel.
Claudine : Pour ce qui est d’être naturel…
Arlette : Voilà : carottes, choux, poireaux, tarbais, patates, j’ai tous les légumes.
Claudine : Il est pas mal ton copain. Je trouve qu’il ressemble à Pierre Arditi.
Arlette : De loin, alors, et par temps de brouillard. A part les cheveux poivre et sel, je ne trouve pas.
Claudine : Mais si voyons ! Ah ! Arditi, quel bel homme ! C’est mon fantasme. Comme l’original est inaccessible, je veux bien me contenter du sosie.
Arlette : Faute de grives, on bouffe des merles. Mais ça n’a pas le même goût. Tu risques d’être déçue.
Claudine : Vu mon tableau de chasse, j’ai pas trop le choix, vois-tu. Quand on ne peut pas s’offrir une Harley Davidson, on se prend une petite Yamaha. Ca roule pas mal aussi.
Arlette : Oui, mais là, c’est plutôt une mobylette ! Il doit falloir pédaler un moment avant que ça ne démarre.
Claudine : Mais quand c’est parti, ça doit décoiffer…
Arlette : En attendant d’avoir les cheveux dans le vent, on va se dépêcher si on veut manger cette garbure ce soir. On va passer chez le charcutier. Il me faut un bel os de jambon et des cuisses d’oie.
Claudine : Tu pourrais inviter ton copain pour manger. Comme ça, on fera plus ample connaissance…