Monsieur Ronchon et le réveillon
Monsieur Ronchon et son ami Amédée se rencontrent dans la rue, le 31 décembre 2010 :
En bougonnant et en boudant : « -Marre du plan champagne-foie gras-salsa ! Marre, marre, marre.
- Qu’est ce qu’il vous prend, Monsieur Ronchon ?
Sèchement, en marmonnant : - Tout simplement : marre du réveillon ! Ras le bol !
Amédée, piquant : - Ah bon ? Vous n’aimez pas la fête, la bonne bouffe ?
- Si, mais Quand je veux… Pas Quand on me l’impose !
- Écoutez, M. Ronchon, la Saint Sylvestre représente quand même la transition vers la nouvelle année. C’est important.
- Mais, nom de Dieu, qu’est ce que ça va changer au quotidien ? Moi, je fête les changements, les vrais. De toute façon, on a perdu la retraite à 60 ans, alors…
- Oui, vous avez raison, mais il faut être optimiste, po-si-tif. C’est l’occasion d’avoir de bonnes résolutions, de modifier notre conduite pour la bonifier, pour l’adapter à ce monde qui bouge tout le temps.
- Amédée, tu as toujours une bonne raison pour faire la fête. Tu vas encore te mettre une timbale.
- Non, ce n’est pas ça, mais il faut profiter de l’ambiance euphorique, du repas amélioré, des discussions enrichissantes.
- Ca, ça dépend avec qui on est. Mon grand-père me disait toujours : Il vaut mieux manger seul que mal accompagné ! A quoi bon s’embrasser avec tout le monde, se souhaiter des vœux qui retombent aussi vite qu’ils sont exprimés ? Pour faire comme les moutons de Panurge ? Moi, non ! En plus, il faut s’habiller, payer l’entrée, rire même quand on n’a pas le moral, quand on est au chômage.
- Vous n’êtes pas obligé de faire tous ces salamalecs. Il en faut pour tout le monde et chacun est différent, non ?
- Oui, moi, je suis différent de toi, c’est vrai. Bon, mon ami, laisse moi tranquille. Je vais me poser un peu.
- Si vous changez d’avis, M. Ronchon, dites-moi.
- On verra ; peut -être que je rejoindrai le groupe des anti réveillon chez Oscar, le philosophe pour discuter de tout et de rien, mais surtout qui refuse de faire la fête de manière imposée… Quoique, peut-être aussi que j’irai donner un coup de main aux restaurants du cœur… Eux, ils n’ont pas le choix. Ou alors, dernière possibilité… je m’incruste au dernier moment et je joue au pique assiettes. Personne n’y verra rien. Ils sont trop occupés à boire flûtes sur flûtes, ces idiots.
- Décidément, Monsieur Ronchon, vous êtes un incorrigible râleur ! Va falloir que ça change en 2011.