Regards philosophiques (118)

Publié le par G-L. P. / J. C.

 

 

Article précédent :   Regards philosophiques (117)

 

 

Thème :

  « Faut-il manger pour vivre

ou vivre pour manger ? » 

 


1

  Introduction :

  

L’expression : « Il faut manger pour vivre et non pas vivre pour manger » a été attribuée à Socrate. Son sens était qu’il ne faut pas passer son temps à manger. Plus tard, reprise par Molière dans L’avare, ce sera plutôt une diatribe dirigée contre l’avarice et prise dans le sens ironique.


Pour nous, ce soir, c’est juste un prétexte pour parler du rôle du repas dans nos sociétés.


L’humain est un animal social, et donc le seul animal qui a donné une valeur symbolique au repas. Dans les expressions connues, on trouve notamment : « on dresse la table » ; quand on avoue, « on se met à table » ; si l’on veut choquer, « on met les pieds dans le plat ». Les métaphores culinaires sont nombreuses.


La place du repas est importante dans notre vie, parce qu’on estime que, dans une vie moyenne, on consomme environ 55.000 repas. Au départ, effectivement, manger est une nécessité de survie. Mais l’homme, qui est un animal grégaire, a très vite remarqué que c’était un lien social. Le premier lien social lié à la nourriture remonte à la cueillette, puis la chasse, où il fallait se mettre en bande.


Ensuite, nous avons lié les nourritures terrestres et les nourritures de l’esprit. De fait, il n’y a pas d’événement sans repas : mariage, baptême, communion, et jusqu’aux enterrements et même au café-philo !


Quand on avait des dieux qui étaient proches des hommes, il existait la symbolique du sacrifice ; on commençait par partager le repas avec les dieux. Puis la symbolique du repas va évoluer avec les religions monothéistes, où, dans le christianisme, c’est Dieu en quelque sorte qui se donnait à manger. Au fur et à mesure que ce dernier a pris son omnipotence, il s’est éloigné des hommes, il en reste la symbolique de l’eucharistie. Dans le cadre social et religieux, les chrétiens commençaient toujours un repas par “Mon Dieu, bénissez ce repas !”


Donc, le repas, qui n’est pas uniquement lié à la survie, est un lien humain. Lorsque l’enfant vient au monde, son premier lien social, c’est la tétée ; c’est son premier contact avec l’humanité. Les mémoires les plus anciennes sont souvent au niveau des odeurs et des goûts.


On pourrait dire que la symbolique du repas est tellement forte que, dans certaines cultures, quand on refuse de tout manger, c’est comme si on signifiait une déclaration de guerre. Dans bien des cultures, à partir du moment où l’on partage la nourriture, on devient un hôte, donc sacré. Manger peut être un instrument commercial, tel le repas d’affaires. Manger, peut être aussi un instrument politique, comme on l’a vu récemment par la grève de la faim du maire de Sevran en Seine-Saint-Denis, Stéphane Gatignon.


 C’est un acte politique fort.

 

Par ailleurs, il y a des gens qui sont tellement dans une relation pathologique avec la nourriture que cela envahit toute leur vie ; ce sont les problèmes d’anorexie ou de boulimie.

 


    
(A SUIVRE)

 

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

Publicité

Publié dans culturels

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article