Regards philosophiques (127)

Publié le par G-L. P. / J. C.

 

 

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Thème :

  « L'argent mène-t-il le monde ? » 

 


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  Introduction :


Si je n’avais pas moi-même proposé ce thème, je dirais qu’il faut être d’une grande naïveté pour poser une telle question, car, et c’est ce que beaucoup de nous pensons, l’argent très souvent, mène ce monde. Mais, je dirai, (et c’est là l’issue de secours), ce qui nous sauve, ou ce qui nous console, c’est que  de temps à autre on peut trouver des exemples où l’argent ne mène pas ce monde ; et c’est là où je compte sur vous pour trouver des exemples afin que ce débat ne soit fermé.


Dans une première approche j’évoquerai l’argent et son rôle dans nos pays occidentaux. Nous vivons une époque où, dans la plupart des pays, une nouvelle idéologie est au pouvoir. Ce que nulle idéologie n’avait pu faire, semble être en train de se réaliser, c’est la domination de la toute puissance de l’argent sous ses diverses formes, c’est le grand Monopoly et ses structures qu’on appelle : « Les Marchés », ou le « FMI » l’«  OMC » l’ « OCDE », lesquels fixent les règles favorables aux échanges monétaires, ou incitent aux dérégulations qui permettent que l’argent circule en dehors des contrôles exercés antérieurement par les États. Mais cette nouvelle valeur suprême, ce « dieu l’argent » peut aussi être un diable, un diable « qui joue aux dés », et qui va subordonner les états, subordonner les politiques dans un processus infernal : c’est l’économie emballée, économie totalement affranchie des règles sociales, et là, les états, et les citoyens perdent totalement le contrôle.


En fait, de simple outil, simple moyen, ni bon, ni mauvais en soi, l’argent ne serait-il pas devenu le maître de notre monde moderne ? Nous avons là, l’argent comme personnage acteur ; acteur sans visage, lequel devient un mot paravent pour une minorité (plus ou moins anonyme), qui depuis toujours cherche à assurer et pérenniser son pouvoir acquit par les richesses. Et, dans le film documentaire, « Let’s make money » (Laissez faire l’argent) la question est posée, en regard du défi écologique et de l’impasse où semble nous conduire ce système : « Combien de temps pourrons-nous encore nous offrir le luxe d’avoir des riches ? »


De simple moyen, l’argent est devenu un dieu, « Señor dinero » disait un poème espagnol du 14ème siècle. L’argent, devenu une nouvelle religion, nécessite une croyance, bien sûr. Imaginez ! Échanger une vache contre un morceau de papier ! Imaginez ! Vendre des titres de crédit d’un habitant de Cleveland (USA) quand le prêteur sait pertinemment que l’acheteur n’est pas solvable. Et comme toute religion,  l’argent a son clergé, ses adorateurs; il a ses apôtres, il a son pèlerinage annuel à Davos, son lieu saint, au Mont Pèlerin, il a son enfer que sont les crises que subissent les peuples, mais rassurez-vous, il a ses paradis (paradis fiscaux, s’entend),  il a ses soldats, ses mercenaires dans divers milieux, il a ses récitants dans nombre de médias, ceux qu’on nomme les économistes, et, il a ses milliers d’esclaves /consommateurs, et très souvent des esclaves dans une « servitude volontaire », et dont nous faisons tous plus ou moins partie.  L’argent est  devenu véritablement, dans ce cas « l’outil d’aliénation » suivant la formule de Karl Marx. (Manuscrit économique et philosophique. 1844).


L’écrivain François Fourquet (professeur de science économique à l’université Paris VIII) pose ainsi cette question : « L’argent mène t-il le monde ? ou ne fait-il que se plier aux choix fondamentaux des civilisations ? Dénonçons-nous l’argent corrupteur pour ne pas avoir à dénoncer plus profondément le système de valeurs qu’il révèle» (L’argent, la puissance, et l’amour. François Fourquet).


Alors, comment réfuter l’idée que l’argent mène le monde ; sauf, à penser, à croire, (car nous sommes des optimistes), en la capacité de l’homme à dépasser son intérêt de l’instant, ou sauf à penser, comme nous le disait récemment dans une émission, un scientifique, l’astrophysicien et historien des sciences,  Jean-Paul Delage, (émission où il commente le livre qu’il a coécrit) : « Une histoire de l’énergie », que, à court terme : « nombre des décisions politiques découleront plus de l’environnemental que de l’économie ». Ou encore,  sauf à penser que d’autres valeurs peuvent, sinon mener le monde : ou du moins, dans certaines circonstances, avoir plus de poids pour le devenir de ce monde. Cela pourrait être pourquoi pas, l’amour, (le rêve n’est pas interdit), « La puissance de l’amour serait-elle plus forte que l’amour de la puissance ? ». (François Fourquet). Cela pourrait être, le souci de l’autre, ou, un idéal du bien vivre ensemble, une solidarité envers les générations actuelles comme envers les générations futures, un monde où les idées auraient plus de poids que l’argent. Allez ! soyons « rationnellement » utopistes, ça ne coûte rien !


Et enfin, la question se pose aussi à chacun de nous: quelle place donnons-nous à l’argent, et quel est notre rapport à chacun, avec l’argent ?

 

 

(A SUIVRE)

 

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

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Publié dans culturels

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