Regards philosophiques (64)

Publié le par G-L. P. / J. C.

 

 

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Thème:

« Pourquoi, quand, et comment s’indigner? »

 


 

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Débat :

   

Il y a des quantités de choses qui m’indignent : il y a la maladie qui touche les enfants, la violence banalisée, il y a les guerres, et j’ai choisi plus particulièrement de m’insurger contre la précarité, la pauvreté et l’exclusion. Ceci parce que souvent la précarité entraîne la pauvreté, laquelle entraîne l’exclusion. La pauvreté galope comme la lèpre, elle touche non seulement les sans-emplois, mais aussi certaines personnes qui ont un travail  régulier et se trouvent quand même dans la précarité et s’enfonce dans la pauvreté.
La précarité, donc, c’est le germe de la pauvreté. Les notions de précarité, exclusion, pauvreté, sont couramment utilisées dans le débat social. Je pense que la précarité renvoie à l’instabilité, à la fragilité, à l’incertitude face à l’avenir et constitue un ensemble de risques pouvant conduire à l’exclusion.

Nous ne pouvons pas accepter ces situations sans réagir. Alors, pouvons-nous, devons-nous tout accepter, simplement pour nous faire bien voir, ou au contraire devons-nous prendre le risque de nous faire mal voir ?

   

Ce quart de siècle sera marqué par l’indignation des pays arabes, par un besoin de dignité. Ça a commencé en Tunisie, puis ce fut l’Egypte, puis la Lybie en Syrie, au Yémen, partout les peuples se révoltent. Tous ceux qui étaient opprimés se rebellent, se libèrent du joug des dictatures…

   

Dans indigné, il a « digne ». Il y a des nuances dans « être digne », ainsi que dans « ne pas être digne ». Il me semble que ce qui préside dans l’indignation, c’est le sentiment de révolte, de quelque chose qui vous choque et qui ne correspond pas à ce qu’on attendait, qui vous déçoit. Tous les colères ne sont pas de l’indignation, il y a des gens toujours énervés, c’est leur nature. Pour qu’il y ait indignation, il faut que quelque chose ait été transgressée ; comme la norme, alors on est scandalisé, choqué, donc il y a une relation d’ordre moral.
A l’opposé, quand on parle de dignité, on évoque par exemple, un dignitaire, une personne irréprochable ; cela peut aussi être pris ironiquement.

   

Dans son ouvrage susdit, « De l’indignation », Jean-François Mattéi évoque ce concept. Il souligne que par rapport à son concept de modernité, la dignité est quelque chose qui est considérée comme universelle : dignité humaine, crime contre l’humanité… Ce qu’il souligne d’abord, c’est que l’indignation est précédée du concept de dignité, laquelle dignité était réservée à une élite. Et donc que l’indignation, comme celle de Platon,  est une base en regard de l’injuste, c’est l’indigne procès de Socrate.
L’indignation, au sens moderne, est un concept plus universel encore. En même temps, il y a cette dérive qui fait qu’on voit des indignations s’opposer à d’autres indignations. Ou une indignation de groupe qui va œuvrer pour dévaloriser l’indignation de l’autre.

   

La première indignation, c’est « cette terrible histoire de pomme ». Rappelez-vous, quand le patron du grand jardin s’est indigné que notre grand-mère ait enfreint ses ordres, qu’elle eût osé goûter et faire goûter de l’arbre de la connaissance. On a payé cher pendant des siècles ce péché originel !

   

Il y a une expression parfois entendue, c’est « être frappé d’indignité », à quoi cela correspond-t-il exactement ?

 


  

(A suivre)

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

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