Regards philosophiques (84)

Publié le par G-L. P. / J. C.

 

 

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Thème :

« En quoi, et jusqu’où l’avenir

                     me concerne t- il ? » 

  

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Débat  :
 

Il y a quatre manières d’envisager l’avenir : Soit on le voit au jour le jour, et on pense « l’avenir ne me concerne pas », je suis là pour un temps très court, je profite de la vie, le monde est un jardin qui m’a été donné, je l’exploite et « après nous le déluge ». Ensuite, il y a une autre manière, c’est d’envisager son avenir personnel, c’est-à-dire s’en remettre à cette phrase de Gandhi : « Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours. » C‘est-à-dire que tu as éventuellement des projets personnels, des rêves, des choses que tu as envie de réaliser ; et ceci sans pour autant vivre dans l’avenir et oublier de vivre le présent. La troisième possibilité, c’est penser aux enfants, petits-enfants, à leur devenir et leur avenir, et on élargit au fur et à mesure. Enfin, la quatrième approche, c’est de se placer en responsabilité dans un cycle, celui de l’univers. Si on se trouve là, ce n’est pas forcement par hasard, peut-être qu’on a un rôle à jouer pour ce qui va se passer ensuite, et on ne doit pas se moquer de ce qui va se passer. On a cette responsabilité, même si on ne maîtrise pas tout.


Par ailleurs, il y a plus d’un siècle, un des problèmes majeurs pour l’environnement se posait face à l’augmentation de la circulation dans Paris. On disait : « Qu’est-ce qu’on va faire de tout ce crottin de cheval ? » Le problème s’est résolu tout seul. Mais aujourd’hui le nucléaire, c’est plus grave que le crottin de cheval. On enterre des déchets nucléaires qui resteront actifs pour des milliers d’années.


Même si on n’a pas une fonction politique, on a quand même une fonction humaine, un rôle d’humain. On peut agir sur l’avenir sans en être conscient ou sans le savoir.  Le jeune Mohamed Bouazizi, ce jeune Tunisien qui s’est immolé, ne savait pas qu’il allait déterminer l’avenir d’un pays, même s’il a agi par désespoir. C’est ce qui vient d’être dit ; il ne faut pas rester toujours sur son quant-à-soi et  attendre toujours que les autres fassent le premier pas.


Par son acte, Mohamed Bouazizi restera. Son nom et sa personne, sans qu’il le sache, sont entrés dans l’avenir ; en refusant le présent, il est entré dans l’avenir. Il aura des rues à son nom, des statues à son effigie ; il est entré dans l’Histoire.


Très jeune, je me suis senti concerné par le devenir de la société dans laquelle je vis, même si je ne pouvais pas imaginer que je serais là en 2012. J’ai pris conscience de tout ce qui a été fait par les générations qui m’ont précédé, particulièrement après la dernière guerre, sur le plan social en particulier, de tout ce qui nous donne aujourd’hui une certaine qualité de vie, et pour cela je me sens redevable ; ce que résume bien cette phrase de Bernard Rapp : « Si j’ai une dette avec la génération passée, je dois la rembourser à la génération suivante. »


Penser à l’avenir selon que l’on a des enfants ou pas, je ne crois pas que la question se pose dans ces termes-là. Il y a des gens qui ont des enfants et qui ne pensent qu’à eux-mêmes.
Revenant au sacrifice pour un monde meilleur, je peux comprendre qu’on ne veuille pas d’un avenir fait de renoncements et que l’on ne puisse pas sacrifier quelque chose d’essentiel, sa vie, pour un avenir commun. Pour certains, cela est peut-être plus facile, s’ils pensent qu’ils ont un avenir au-delà de la mort.

      

 

(A SUIVRE)

 

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

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