Regards philosophiques (96)

Publié le par G-L. P. / J. C.

 

 

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Thème :

  « Pourquoi et comment

critiquer ? » 

  

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  Débat :

      

 

 

J’ai pensé aussi à la critique négative et à la critique positive. J’ai pensé au respect nécessaire de l’objet de la critique quand on critique quelque chose ou quelqu’un. Il faut avoir le souci de respecter l’objet de la critique et avoir la distance nécessaire et, ce que je tiens comme le plus important dans la critique, l’honnêteté intellectuelle. Il me semble qu’une démarche critique doit être honnête sur le fond, quelle que soit sa forme, et ne doit pas être là pour démolir. J’ai pensé que la critique, au sens de la critique littéraire, d’une activité artistique, était faite soit pour donner envie, soit pour dissuader. Donc, la critique a quelque chose à voir avec le désir positif ou négatif qui en découle.


Je pense que l’esprit critique est nécessaire à l’évolution de la pensée, à la vie intellectuelle. Je pense que si l’on n’est pas capable d’esprit critique vis-à-vis de soi, vis-à-vis de ses opinions, de ses actes, on aura du mal à avancer ; on aura une pensée  qui risque de se scléroser sur un certain nombre de convictions qui deviennent des poncifs.


Je pense aussi que la critique peut être nécessaire envers quelqu’un ou quelque chose pour se dégager de l’emprise possible de l’objet de la critique et pour garder une distance de sécurité vis-à-vis de lui.


Pour avoir une critique objective on ne doit pas être dans la critique affective qui risque de fausser le jugement.


Je pense qu’il peut exister une critique d’un adversaire qui est uniquement pour asseoir sa position, auquel cas on est prêt à dire n’importe quoi sur l’autre, du moment que cela nous élève, nous conforte. Dans ce genre de critique,  ce n’est  plus un problème d’objectivité qui se pose ; on est dans la perversion du langage qui peut travestir la pensée de l’autre pour mieux affirmer la sienne.  On est alors dans la démolition de ce qui est en face, et, là, est-ce qu’on peut encore parler de critique, au sens objectif de l’acte ? L’actualité nous donne de ces exemples.


J’ai évidement pensé à « La critique est aisée, mais l’art est difficile. »* C’est-à-dire, jusqu’où a-t-on le droit de critiquer quand on ne sait pas de quoi on parle ? Jusqu’où peut-on s’autoriser à critiquer une chose dont on n’est ni acteur, ni décideur ? Quelle est notre degré de liberté dans la critique ?


Ensuite j’ai pensé à deux types de critiques : la critique de l’expert, celui qui sait quand il parle depuis ses connaissances, et la critique du Béotien, qui voit les choses de l’extérieur, tel, par exemple, celui qui regarde un tableau et dit, sans rien en savoir : « ça, j’aime ; ça , je n’aime pas. » Donc, on a le droit de dire « j’aime, je n’aime pas », mais est-ce qu’on peut parler de critique objective chez un Béotien ? Est-ce pour autant que ce sont seuls les experts qui ont le droit de critiquer ou pas ? Et enfin ce qui m’intéresse aussi, c’est la lecture historico-critique des évènements en gardant une distance nécessaire vis-à-vis d’eux, pour toujours avoir le souci de l’objectivité. Pour moi la critique reste une nécessité, une liberté tout en étant parfois un risque.


[* « La critique est aisée, mais l’art est difficile » : Cette locution proverbiale remonte à 1782, où elle figure dans la pièce de théâtre « Le glorieux » de l’auteur et comédien Philippe Néricault, dont le nom de scène était Philippe Destouches ; il a lui-même emprunté cette expression (en la traduisant) à l’historien  grec Polybe.]

 


    
(A SUIVRE)

 

 

Avec l'aimable autorisation des animateurs, 

extraits de restitution d'un débat du café-philo

http://cafes-philo.org/

avec lequel je garde un lien privilégié

en tant qu'un des artisans de sa création.


 

 

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