Un presbytère des Pyrénées
Nos chers petits villages sont en restauration
Jusqu’à leur presbytère que l’on vient rajeunir
Je m’en vais vers Lahitte avec grande émotion
J’y revois ma jeunesse et tant de souvenirs.
Au temps de mes vingt ans où nous étions en guerre
Pédalant vers Lahitte, j’allais au presbytère
Pour rencontrer mon oncle à l’époque curé
Et ma tante, sa sœur, gouvernante à son gré.
Le troc, le marché noir, motif en ces temps fous
De cette promenade entre Lourdes et Bagnères…
Le chemin était raide jusqu’à chez « Bernatou »
Car c’était le surnom de notre abbé Barrère.
Certains des villageois qui ont aussi mon âge
Sauront bien vous parler de cette « sommité »
L’imposante carrure et la voix haut-perchée
Tenant dans ses sermons des éloquents langages.
Il était chaleureux, partageant ses repas
Malgré les restrictions, faisait « hommage aux plats »
En accueillant chez lui des prêtres, des amis
Et me sollicitant pour qu’ils soient bien servis.
Il y avait pour dessert le gâteau à la broche
Cuit par tante Thérèse au feu de cheminée
Et le « vin blanc de messe » servi sans un reproche
Qui me voyait conviée au verre de l’amitié.
Ce cher petit village et sa petite église
Où j’aimais pénétrer toujours incognito
Pour jouer de l’harmonium sans que l’oncle autorise
Choisissant les cantiques à mon goût les plus beaux.
Dans ces vieilles demeures à l’accueil généreux
Convivial, amical, empressé, chaleureux
On disait autrefois que l’âme y était présente
Et par ces quelques vers, la voilà bien vivante.