"Ton mari est formidable !" : Acte 2 - Scène 4
Sur le seuil de la porte se croisent les deux dames, sortant, et les deux hommes, entrant, Igor et Bernard, le voisin.
Igor : Viens, Bernard... entrons dans la maison ouverte à tous vents...
Bernard : Je la connais moi cette dame. C'est Claire, la grande amie de ta femme.
Igor : C'est elle-même. Tu l'as déjà rencontrée à maintes reprises ; elle passe assez fréquemment lui rendre visite.
Bernard : Aujourd'hui elle a profité du beau temps.
Igor : Tu peux le supposer...
Bernard : Quelle belle journée ensoleillée !
Igor : Oui mais pour moi, le vrai soleil pour chacun d'entre nous, c'est l'homme !
Bernard : Il devrait encore briller les trois prochains jours, selon les prévisions météorologiques.
Igor : Celui dont je te parle moi rayonne à longueur d'année !
Bernard : Ils l'ont dit à la tété !
Igor : Oh ! Alors ! Plus rien à ajouter !
Bernard : C'est ce qui a été annoncé. Je te le répète.
Igor : Je ne te dis pas le contraire.
Bernard : Tu me sembles pourtant très sceptique.
Igor : Comme d'habitude par rapport à ce que nous assènent les médias.
Bernard : Moi, j'aime la télévision et je la regarde beaucoup.
Igor : Chacun choisit en fonction de ses propres exigences... Personnellement, je préfère par exemple écouter les informations à la radio... elles y sont plus complètes, plus
pertinentes.
Bernard : Des goûts et des couleurs, on ne discute pas.
Igor : Comme tous les goûts se retrouvent dans la nature.
Bernard : Serait-ce un autre proverbe ?
Igor : Exactement.
Bernard : Il faudra que je m'en souvienne.
Igor : Tel que je te connais, tu n'auras aucune difficulté à le mémoriser.
Bernard : Détrompe-toi, je commence à avoir ma mémoire qui flanche de temps en temps.
Igor : Oh ! Si la mienne ne flanchait qu'à l'image de la tienne, tu m'en verrais fort aise.
Bernard : Chacun fait ce qu'il peut...
Igor : Et pas toujours ce qu'il veut.
Bernard : C'est la vie !
Igor : Bernard, que puis-je t'offrir à boire ? Désires-tu comme d'habitude un coup de rouge ?
Bernard : Oui, j'accepte ton verre de l'amitié.
Igor : ..... Je te fais goûter ce petit vin de pays qu'un ami vient de me faire découvrir...
Bernard : A la tienne !
Igor : A la nôtre !
Bernard : Content de la soirée d'hier soir ?
Igor : Assez satisfait, oui. Les habitants ont répondu nombreux à cette invitation et beaucoup se sont exprimés publiquement.
Bernard : Il y avait vraiment beaucoup de monde et la salle était comble.
Igor : C'est une bonne chose. Quoiqu'on en dise, quand les citoyens savent pouvoir peser sur les décisions qui les concernent directement, ils se mobilisent, participent...
Bernard : J'y étais moi aussi.
Igor : Bernard, je t'y ai vu, bien sûr. Tu étais même assis au deuxième rang. J'en profite pour t'en remercier. Et très sincèrement.
Bernard : Avec tout ce monde, je n'ai même pas aperçu ta femme. Ce n'est qu'en rentrant que je l'ai trouvée en grande discussion avec Léon devant chez lui.
Igor : Fatalement car Léon s'était éclipsé de la réunion tôt dans la soirée et Florine, elle, avait opté pour un tout autre débat.
Bernard : Ah ! Voilà l'explication.
Igor : Je voudrais pouvoir moi aussi décoder la dure réalité... mais elle est tellement complexe... et le comportement de certains êtres humains l'est encore davantage... Comment arriver à
débrouiller l'écheveau ?
Bernard : Les chevaux ?
Igor : Oui, comment dénouer l'écheveau ?
Bernard : Pourquoi ?
Igor : J'aimerais tant mettre le feu aux poudres.
Bernard : Ils sont bien dans mon pré, derrière la maison. Ils y paissent paisiblement tous les quatre depuis une semaine.
Igor : Ah ! J'y suis ! Tu parles des chevaux du voisin qui sont dans ton enclos ?
Bernard : Tout à fait, Igor.
Igor : D'accord ! Je les y ai déjà vus. Ils y sont encore ?
Bernard : Naturellement et la jument a maintenant un poulain... beau comme un pur-sang.
Igor : Et qui ne quitte pas sa mère.
Bernard : C'est juste. Toi, tu saisis tout à la vitesse du mur du
son.
Igor : ... On frappe à la porte... une nouvelle visite...
Bernard : A la prochaine... et encore merci.
Igor : Prends le temps de terminer ton verre, Bernard. Je ne te chasse pas.
... Entrez !