D'un temps qui n'existe plus...

Publié le par A. B.

Ou « l'espérouquage »...

Galoches aux pieds, bien emmitouflés, munis d'une petite pince de bois improvisée sur place, nous empilions les bogues au pied d'un châtaignier.

Deux belles blondes aux grands yeux noirs, attelées sur un joug, tirant une charrette iraient ensuite chercher et emporter la récolte pour la verser dans une grange débarrassée de tout encombrement et permettre, à la ronde des voisins, de s'installer avec leurs tabourets et leurs marteaux pour ouvrir la cupule épineuse et charnue et découvrir le trésor marron blotti à l'intérieur.

Le sac de jute se remplissait... la dernière couche de châtaignes était lustrée à l'aide d'un chiffon huilé pour attirer l'œil du futur acheteur au marché de la ville.

L'air nous glaçait les pieds surtout mais l'ambiance était toujours joviale. Et petits et grands écoutaient religieusement les anciens raconter des histoires paillardes qui valaient les blagues des meilleurs humoristes d'aujourd'hui.

La soirée avançant, le tas initial ayant bien diminué, nous allions nous réchauffer dans la grande cuisine et retrouver la mémé qui avait préparé pour tous du vin chaud avec des châtaignes grillées au feu de cheminée dans une poêle dont la queue mesurait au moins un mètre.

C'était une de ses veillées dont on se souvient encore...et certains y nourrissaient même l'espoir de voir un couple se former.

Depuis le tracteur est devenu l'outil principal de l'agriculteur... Et tout s'est mécanisé au rythme du progrès...
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Publié dans témoignages

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