La déchirure
Cette baie bleue d'Alger, « Adieu, mon univers ! »
Le rideau est tombé là où il a grandi
Non ! Il ne pleure pas. Respirant le grand air
Il attend le bateau qui devrait l'embarquer
Vers un autre décor, une autre destinée.
Voir une fois encor les terrasses d'la Casbah
Avec sur les hauteurs Notre Dame d'Afrique
La cité de l'espoir... Voilà son cœur qui bat
En regardant s'éteindre ce tableau féerique.
Reprenant ses esprits, il en veut à la guerre
Qui brise tant de cœurs en folie meurtrière.
Et les Européens quittèrent le pays...
Pour le soleil radieux de Marseille à midi.
Mais qu'elle est loin déjà cette terre natale
Pourra-t-il oublier ce jour triste et fatal ?
C'est dans les Pyrénées qu'il calma son chagrin
Jeune et enthousiaste, entouré de copains
Il reprit les études et demeura ainsi
Dans la ville de Lourdes, ville Sainte et Bénie.
Cette nouvelle terre, comme une renaissance
Lui permit de sortir de son adolescence.
Et ce petit « pied noir », chassé de son pays
A pu trouver refuge et amour dans sa vie
Par ses trois beaux enfants qui remplirent son nid
Fermant la cicatrice de l'exil d'Algérie.