Décrypter - Comprendre - Agir (1/3)

Publié le par M. CC.

 

Les racines de la crise économique et sociale  que nos dirigeants refusent de voir[1].


De nombreux économistes et personnalités ont lancé un « pavé anti-libéral » Le manifeste des Economistes atterrés « http://atterres.org/ ». 

Depuis bientôt 30 ans, par les médias, les lobbys néolibéraux et de la finance, nous ont imposé en tant qu’axiomes, à la manière des sectes, un ensemble de contrevérités dans le but de détruire la solidarité au profit d'une infime minorité. 

En voici, à titre d'exemple, quelques-unes trop longues à développer ici  :

  • C'est le libre-échange (absolu) qui permet le développement des pays les plus défavorisés ! Alors que, bien qu'il ait profité à une petite « élite » urbaine, il a souvent appauvri la population rurale et provoqué la création d'immenses zones de pauvreté autour des grandes villes.
  • La liberté des changes (échanges monétaires) favorise le commerce international et les investissements. Elle permet surtout la spéculation sur les monnaies et les matières premières, la désorganisation du commerce international, et le pillage des pauvres par les riches plus aisément que l'envoi de troupes coloniales.
  • La gestion privée (par le capital) est toujours meilleure que la gestion collective, d'où la nécessité de privatiser tout ce qui peut l'être. Cela n'a jamais été confirmé, bien au contraire comme le prouvent les événements récents. Mais cela permet de justifier le transfert, à la finance privée, de la propriété de nombreuses infrastructures de vie ou de travail, qui devrait rester collective[2].  Cela fait énormément croître les besoins de l'État pour assurer le bon fonctionnement de la société ( formation, retraites, santé…).
  • Les élus sont incapables de gérer la monnaie car ils endettent les Etats[3]. Les 60 dernières années prouvent le contraire. En 30 ans la gestion monétaire des élus n’a endetté la France qu’ à 20% du PIB[4], alors que, sur les 30 années suivantes, après le transfert du pouvoir monétaire aux Banques centrales l’endettement croît de plus en plus vite (> à 85 % du PIB en 2010). !
  • L'inflation est le mal suprême, contre lequel il faut lutter à tout prix. Alors que c'est le plus puissant facteur connu :
    - 1) De développement économique : Elle oblige l'argent dormant ou spéculatif à s’investir dans l’économie réelle pour ne pas perdre sa valeur. C’est l’impôt sur la richesse le plus intelligent et le plus efficace car il l’oblige à fructifier.
    - 2) De réduction des inégalités : Elle les réduit  en faisant fondre les dettes des citoyens, des entreprises et des Etats.
  • L'inflation nuit aux investissements. C'est le contraire car elle accélère leur amortissement.
  • C'est la forte augmentation du prix du pétrole qui nous a fait passer des 30 glorieuses aux 30 piteuses.
    C'est une interprétation volontairement mensongère des faits.
    Après son augmentation, le prix du pétrole a fortement baissé sans relancer l'économie.
    Le facteur qui a provoqué cette régression est le changement fondamental de politique monétaire. C’est grâce à la monnaie fondante, qui en a assuré le financement, qu’en 30 ans la France, à partir de dettes et de ruines, a développé les régimes sociaux, augmenté la scolarité de deux ans, réparé et développé les infrastructures, diminué le temps de travail de plus de 20 %, et a même financé deux guerres, en assurant le plein emploi. Etc. …
    C’est très exactement depuis que la monnaie a été stabilisée, et sa création au profit de l’Etat supprimée, que la croissance économique régresse et que les inégalités s’accroissent.

Les banquiers centraux ont transformé la monnaie d'instrument de développement et de solidarité au service de la société, en instrument de prédation au profit de la finance privée par des taux d’intérêt réel positifs, scandaleusement usuraires pour les plus démunis, et par la thésaurisation sans dépréciation, favorisant la spéculation.
Cela a rendu beaucoup plus profitable de faire travailler la monnaie sur elle-même que de l'investir dans la production, transformant le capitalisme entrepreneurial, créateur de richesses et d'emplois, en capitalisme financier essentiellement prédateur.
L'alimentation de l'économie en monnaie se fait, ex nihilo, par les banques en fonction des demandes que leur font les emprunteurs qu'elles considèrent solvables. Ainsi, à cause de la liberté des changes, comme le dit François MORIN[5]« … Les banquiers centraux ne sont plus en capacité d'influencer …   … Leur politique d'alimentation monétaire des marchés financiers (financement des bulles à crédit, perfusions monétaires après leur éclatement) se met au service des intérêts directs de la finance libéralisée. Bref, il n'y a pratiquement plus de régulation de ces grands marchés saufs à dire que des pouvoirs privés sont maintenant aux postes de commande. »
Cela a permis aux investisseurs privés de financer et développer extrêmement rapidement, selon un système « boule de neige »,  l'économie financière, dite virtuelle car elle est essentiellement constituée de paris spéculatifs reposant en grande partie sur des « valeurs temps [6]» pouvant passer instantanément du positif au négatif en fonction de l’humeur des Marchés.

Cette économie virtuelle, comparable à un cancer rongeant l’économie réelle, a généré en 2008 des transactions financières pour un montant 30 fois supérieur au PIB mondial.

Une très petite partie de l'économie virtuelle , en déclenchant la crise des « subprimes », a contaminé des pans entiers du « château de cartes » virtuel, ce qui a  fait vaciller le système monétaire international provoquant la très grave crise économique.
Nous ne pourrons en sortir que si nos dirigeants remettent en cause le fonctionnement des systèmes monétaires défendus par le lobby de l'argent. Malheureusement, ils se sont contentés de renflouer les banques en endettant les Etats, donc les citoyens. Ce qui revient à laisser à la finance les gains de ses opérations bénéficiaires en faisant payer au peuple les pertes de ses opérations déficitaires.

Sans vraie reprise économique, dès 2009, les bénéfices des banques et les bonus des Traders ont accéléré leur hausse !
Seule une inflation conséquente  peut faire  payer à la finance ses pertes, et l’obliger à alimenter prioritairement l’économie réelle.

Mais, en Europe, la BCE ne peut et ne veut rien faire car elle est liée par sa mission de stabilité monétaire et son statut aberrant,[7] lui interdisant de financer les Etats dont elle dépend



[1] Préparé avant la parution du « Manifeste des économistes atterrés» mentionné  ci-dessous, ce texte n’engagent que son auteur.

[2] Propriété totale, majoritaire ou minorité de blocage : Au  niveau le plus adéquat : Etat (autoroutes,) …, Régions, Communes (logements sociaux, services d’eau), Fonds de financement des retraites et de restructuration des TPE et PME à créer (financés par l’octroi de participation sur les successions d’entreprises) etc .., 

[3] Pour simplifier la rédaction, dans la suite du texte, la « zone euro » (Euroland) est considérée comme un Etat).

[4] Produit Intérieur Brut

[5] Professeur de sciences économiques à l'université de Toulouse I, ancien membre du Conseil général de la Banque de France et du Conseil d'analyse économique 

[6] La valeur temps correspond au potentiel d'évolution du cours d’un support (matière, monnaie, action,…) à la date d'échéance, son amplitude diminue avec le temps.

[7] L’Article 104 du traité de Maastricht ou 123 du traité de Lisbonne est le plus important du traité, il interdit aux Etats, et à toutes les structures qui en dépendent, d'emprunter à leur Banque centrale.

 


Publicité

Publié dans citoyens

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
M
<br /> Voilà un beau dictionnaire !<br /> <br /> <br />
Répondre