Les Pipelettes (21)
Article précédent : Les Pipelettes (20)
LES PETITES NIECES (21)
Claudine : Dis, Arlette, est ce que tu pourrais me rendre un service dimanche prochain ?
Arlette : Un service, un service, avec toi je me méfie.
Claudine : Tu te méfies ; Attends au moins que je t’explique de quoi il s’agit.
Arlette : Oh, avec toi les services c’est plutôt des sacrifices.
Claudine : Tout de suite les grands mots, ce n’est pas grand-chose que je veux te demander.
Arlette : Voyons un peu, je suis toute ouïe.
Claudine : Voilà, dimanche prochain, j’aurais aimé que tu m’aides à garder mes petites nièces. Tu te souviens d’elles : Judith et Alizée, tu sais les filles de mon neveu Maxime.
Arlette : Qui ? Les deux monstres, les deux teignes, les deux pestes d’Argeles Gazost. Tu parles, si je me souviens d’elles !
Claudine : Mais qu’est ce que tu as contre elles. Elles sont adorables ces petites chéries.
Arlette : Oh, rien, mais la dernière fois qu’elles sont venues chez moi, tes adorables petites chéries, on a fini à l’hosto, c’est tout.
Claudine : Qu’est ce que tu peux être rancunière. C’était il y a plus d’un an et ce ne sont que d’innocentes fillettes.
Arlette : D’innocentes fillettes ! Elles ont foutu le feu, avec mes bougies parfumées, à la queue de ma petite Princesse, ma vieille minette angora. En voulant s’échapper, la pauvre bête a propagé l’incendie aux tentures de mon salon. Pour la sauver, je me suis cramée au 3e degré et par peur elle m’a griffé jusqu’au sang. Tous mes autres minous effrayés par tes cris, ont sauté par-dessus le balcon. On a dû appeler : les pompiers, le Samu, la SPA, le centre de vaccination et tu appelles ça des innocentes fillettes.
Claudine : Mais, elles ont mûri depuis.
Arlette : Et bien, même plus mûres, tes deux incendiaires en herbe, tu peux te les garder toute seule. Moi, j’ai donné.
Claudine : Tu n’es qu’une sale égoïste Arlette.
Arlette : Eh bien tu penses ce que tu veux de moi, ça m’est égal, mais avant que tes deux pyromanes franchissent le seuil de ma porte, ce n’est pas demain la veille.
Claudine : Au fond, tu préfères les chats aux enfants.
Arlette : Non, mais je les protège et je me protège des dangers publics.
Claudine : Bon, j’ai compris, j’essaierai de me débrouiller toute seule. Merci pour ton aide.
Arlette : Bon courage Claudine, et en cas de problèmes, n’oublies pas de faire le 15. Ca peut toujours te servir.