Monsieur Ronchon et la 2CV
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Amédée rencontre son ami Monsieur Ronchon au village, devant l’église :
« - Oh ! Mais, c’est notre Monsieur Ronchon ! Qu’est ce que vous faites, dans ce tas de ferraille ?
Tout de suite agacé : - Et bien, tu ne vois pas que c’est une 2 chevaux Citroën ?... Le symbole de la liberté dans les années 70 ! Une voiture qui a eu un succès commercial considérable ! Une idée de gé-nie…
Amédée faisant la moue : - J’en suis heureux pour vous, mais c’est quand même quelque chose de …rustique.
- Pas du tout… Elle est intelligemment sobre, dépouillée de toute futilité, et Dieu sait si on veut nous en faire avaler aujourd’hui, de la futilité ! Je l’ai achetée à Soumoulou, au marché de l’occasion. J’ai fait une affaire !
- Ouais, vous n’allez pas battre le record de l’heure avec ça, c’est sûr !
- Mais, je m’en fous, mon gars, de battre le record de l’heure… De toute façon, avec tous les radars posés aux 4 coins des rues, à quoi ça sert de faire de la vitesse ? Ainsi, je ferai des économies en ne payant pas des prunes.
- C’est vrai, Monsieur Ronchon, mais, sur autoroute, c’est 130 km/h, et avec votre… charrette…
- Sur autoroute, je n’irai pas y bastonner ! Et là aussi, j’économise le péage et l’essence.
- Bon, et pour le moteur, Monsieur Ronchon, z’ avez confiance ?
- Tout à fait, Amédée, on entend parfaitement le bruit du bourrin, pour déceler le moindre problème mécanique.
- Ha ! Ha ! Ça me rappelle Coluche et son sketch sur l’autostoppeur. Et quand il pleut ?
- Quand il pleut, il y a les essuie-glaces, môssieur ! Il suffit de se pencher légèrement en avant pour maîtriser la situation. Aucun problème !
- Ok, et dans les côtes ?
- On essaie d’éviter tout simplement, sinon on enclenche la seconde et hop, c’est réglé !
- Vous n’irez donc pas au ski, Monsieur Ronchon !
- Ce n’est pas mon truc, la glissade : toujours faire la queue 1 heure pour redescendre aussitôt en 10 minutes, quelle bêtise !
-Tant pis pour vous ! Moi, j’aime bien les Pyrénées. J’en profite pour bronzer en faisant une activité sportive, en respirant l’air vivifiant des montagnes. Et la plage ?
- Oui, j’irai à Capbreton par les routes départementales ; comme ça, pas de soucis ! Et si je veux m’arrêter boire un coup à Orthez, Puyoo ou saluer des amis à Peyrehorade, ça sera plus facile. Hé ! Hé ! …
- Vous avez vu vos clignotants ? Ces reliques, ça marche ?
- Bien sûr, ignorant, c’est manuel.
- Moi, Monsieur Ronchon, ce qui me gênerait le plus si j’avais une 2 CV, c’est le manque de confort tout de même, non ?
- Le confort, vois-tu, petit, aujourd’hui, on en fait trop ! A force, on en devient fainéantas ! Tout est automatique, même les vitres ! Faut pas charrier ! ….Allez, j’y vais Amédée, j’ai le journal et le pain à acheter.
Sur ce, Monsieur Ronchon, fier comme Artaban, lève la vitre avec le coude, démarre sa voiture et part en chantant à tue tête : « I’m a poor lonesome cowboy… » !